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Ce que l’on pense vraiment de la saison 2017-2018 de l’Opéra national de Paris

Ce que l’on pense vraiment de la saison 2017-2018 de l’Opéra national de Paris

Le programme de saison de l’Opéra national de Paris soulève encore plus de passions que celui des candidats aux élections présidentielles. Et puisque l’enjeu est tout aussi capital, CCC s’engage et vous dit tout ce que l’on doit savoir sur 2017-2018. Décryptage…

 Amphithéâtre, salle du Palais Garnier © Jean-Pierre Delagarde / OnP

Amphithéâtre, salle du Palais Garnier © Jean-Pierre Delagarde / OnP

Il y a plusieurs façons d’aborder la nouvelle saison 2017-2018 de l’Opéra national de Paris. Si l’on suit la formule « J'aime rien, j'suis parisien », on jouera les blasés en se plaignant par exemple d’avoir Jonas Kaufmann dans Don Carlos. Le ténor superstar a chanté le rôle des dizaines de fois et partout ailleurs. Paris, une fois de plus est à la traîne ! Si en revanche, on a l’esprit plus cocardier, le côté gaulois l’emporte et l’on se réjouira, l’on sera fier même. Le plus grand artiste de la planète lyrique chante sur la première scène de France, le rôle de Don Carlos de Verdi dans la version originale dite « de Paris », en français dans le texte. Cocorico ! 

Les spectateurs enthousiasmés et ulcérés par les mises en scène

La troisième saison de Stéphane Lissner, le célèbre directeur de la vénérable institution, est ainsi faite que les grincheux adeptes du French bashing pourront la critiquer avec plaisir tandis que les joyeux passionnés y trouveront matière à enthousiasme(s). Mais que l’on ne s’y trompe pas, comme en amour il y a toujours des surprises qui peuvent faire tourner les têtes dans un sens comme dans l’autre. Elles peuvent venir par exemple de la mise en scène du chef-d’œuvre verdien confiée à Krzysztof Warlikowski qui ne laisse jamais indifférent. On se souvient du meilleur (Voix humaine/Bluebeard Castle) comme du pire (Iphigénie en Tauride).

Le sujet des mises en scène à l’opéra est toujours très épineux. Ce qui plait aux uns ulcère les autres mais chacun a le droit d’aimer ou pas. Lissner nous a toujours habitué à une modernité mesurée et à des choix de grands noms du théâtre souvent bienvenus. Comme en amour, on attend beaucoup de cette nouvelle saison car elle est riche en promesses. Les nouvelles productions viennent avec leurs échos favorables comme ce Benvenuto Cellini de Berlioz par Terry Gilliam, déjà applaudit à Londres et Amsterdam. On se demande ce que va faire Richard Jones avec Parsifal ou plus intrigant, Ivo Van Hove avec Boris Godounov.

En revanche, on vibre moins avec cette énième reprise de Pelléas et Melisande forcément esthétisante de Bob Wilson ou ce Ballo in maschera de Verdi qui n’a pas laissé un grand souvenir. Ce qui fait le charme des reprises, ce sont les distributions. Et là, comment rester de marbre à l’évocation des noms de Anja Harteros, Anna Netrebko, Sondra Radvanovsky ou Bryn Terfel ? Il faut reconnaître qu’il y a du beau monde un peu partout tout en déplorant que pour un chef-d’œuvre comme l’opéra de Berlioz, on soit allé chercher pour quelques rôles des voix un peu exotiques alors que l’on en trouve de meilleures dans la francophonie. On dit les parisiens jamais contents, toujours râleurs mais quand ils adorent, ce sont les meilleurs amants du monde. 

Aurélie Dupont et Philippe Jordan, les nouvelles idoles de Paris

C’est donc les yeux remplis de reconnaissance qu’ils ont accueilli la toute première saison de leur grande étoile Aurélie Dupont, la nouvelle directrice de la danse. Il faut le répéter car on ne le dit jamais assez, la compagnie de Ballet de l’Opéra national de Paris est l’une des meilleures au monde. On le constatera cette saison 2017-2018 encore. Entre œuvres du répertoire classique aux chorégraphies modernes les plus exigeantes, il y a de quoi se lécher les babines.

Petite cerise sur le gâteau, Esa-Pekka Salonen dirige le Sacre du Printemps de Pina Bausch. Il est aussi au pupitre pour la reprise de From the House of the Dead de Janácek, le chef-d’œuvre de mise en scène signé Patrice Chéreau.

A-t-on évoqué le directeur musical Philippe Jordan ? Lui est aussi est adoré. Il faut reconnaître qu’en quelques saisons, il a réussi à propulser l’orchestre de l’Opéra national de Paris au premier rang. 

Mais trêve d’éloges, restons français et critiquons un peu pour mieux aimer. Quid du répertoire opératique ? L’équilibre est-il respecté ? Avec 12 italiens, 5 français, 2 allemands, un russe, un hongrois et un tchèque, les germanophones ont des raisons de manifester mais les amateurs de contemporains sont privilégiés avec Only the sound remains de la grande compositrice Kaija Saariaho (avec Philippe Jaroussky). Difficile donc de trouver des choses à redire sans passer pour un pinailleur. Peut-être n’y a-t-il pas assez de redécouverte, de vraies nouvelles productions mais lorsque les sirènes ont les voix de Sonya Yoncheva, Elina Garanca, Ludovic Tézier, Barbara Hannigan, Matthias Goerne, Roberto Alagna, Piotr Beczala, Michael Spyres, Marie-Nicole Lemieux, Nadine Sierra, Lawrence Brownlee, Ildar Abdrazakov et Florian Sempey, comme en amour… comment ne pas succomber ? 

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