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La profusion de concert à Leipzig déborde du Bach

La profusion de concert à Leipzig déborde du Bach

Elvis a son Graceland, Mickey ses Disneyland mais Bach fait encore plus fort avec Leipzig. Tous les ans, toute la ville se met en quatre pour faire la fête de la musique du divin compositeur. Super festival et superbe édition 2017 ! Nous y étions, nous racontons…

 Bachfest Leipzig © DR

Bachfest Leipzig © DR

Pour les voyageurs ouverts au monde, chaque ville possède un attrait plus ou moins fort. Pour le mélomane, il y a des incontournables liés aux lieux mythiques (Scala de Milan, Palais Garnier à Paris, Opéra de Sydney…) ou à la grande histoire de la musique classique. Leipzig fait partie des destinations phares grâce au Gewandhausorchester et à quelques compositeurs un peu connus comme Telemann, Mendelssohn, Schumann ou Wagner. Mais la star de la ville saxonne reste Monsieur Johann Sebastian Bach. Le grand compositeur qui tutoie Dieu a engendré beaucoup de festivals dans le monde. Le Bachfest de Leipzig reste sans doute le plus évident, si ce n’est le seul digne héritier de ce nom prestigieux.

Contrairement à Mozart et Salzbourg, Bach n’est pas né à Leipzig mais il y a fait la majeure partie de sa carrière. De nombreux édifices fréquentés de son vivant sont toujours en place comme la Nikolaikirche ou plus illustre, la Thomaskirche qui fut pour ainsi dire son bureau (il y est d’ailleurs enterré). 

Gewandhaus, Alte Rathaus, Alte Börse, Thomaskirche c’est la fête en tous lieux

Comme pour les drogués de Wagner qui vont à Bayreuth, l’édition 2017 du Bachfest nous a permis de faire notre pèlerinage Bach avec une opulence de musique divine. On ne saurait trop conseiller aux groupies du compositeurs de commencer leurs visites par le musée. De taille modeste, il offre une excellente introduction à sa vie et à son Œuvre avec la possibilité de rester des heures dans un cabinet où tout le catalogue est proposé à l’écoute. Après, il convient de choisir parmi les 120 concerts et activités ramassés sur les dix jours de festivités. Chaque matin l’on peut assister à la messe illustrée par une cantate ou si l’on est plutôt du soir, les Nachtmusik Concerts prolongent le plaisir après l’heure de Cendrillon. Tous les lieux fameux de Leipzig sont exploités dessinant une parfaite cartographie de la ville pour le touriste mélomane.

Dans la grande salle de la Gewandhaus, le 17 juin, nous avons eu l’opportunité de découvrir le magistral orgue moderne, instrument de prédilection de Johann Sebastian. Il ne reste malheureusement que quelques fragments inutilisables des buffets où le compositeur a joué de son vivant mais l’esprit demeure. L’organiste attitré du lieu, Michael Schönheit qui possède cette musique dans le sang a joué le troisième livre du Clavier Übung avec une grande clarté et une évidence, malgré la complexité de l’écriture. 

Une overdose de musique qui emmène directement au paradis

Nous quittons le vaisseau de la Gewandhaus pour les boiseries historiques de la Alte Rathaus du XVIe siècle (l’ancien Hôtel de Ville) et enchaîner avec un concert nocturne où l’on a pu apprécier les couleurs baroques du Concerto Melante. L’ensemble de musiciens issus du Berliner Philharmoniker a proposé un programme de cantates de Telemann et de Bach dont la sublime BWV 106, Actus Tragicus. Loin de gêner le concert, quelques bruits parasites (comme les cloches de l’église Saint-Thomas toute proche) se sont invités par les fenêtres renforçant le caractère intime. Le baryton Wolf-Matthias Friedrich qui chante avec autorité et beaucoup de couleurs a dominé un quatuor de solistes de bon niveau (Gerlinde Sämann, Alex Potter, David Munderloh). Terminer par la cantate « Du aber, Daniel, gehe hin » de Telemann est cependant un brin imprudent. Car lorsqu’à cette heure avancée de la nuit, la soprano chante avec douceur « Brecht, ihr müden Augenlieder » (Fermez-vous, lourdes paupières), l’on coure le risque de perdre quelques spectateurs en chemin !

Le lendemain dans la charmante salle dépouillée et bien sonnante de la Alte Börse du XVIIe, s’est produit l’ensemble russe Ludus Instrumentalis avec un programme éclectique d’œuvres de Biber, Bruhns, Leclair, Telemann et Bach. Lauréate 2015 du Concours Bach de Berlin, la jeune formation impressionne grâce à son jeu déjà très affirmé. Nous avons rarement vu deux violons aussi parfaitement complices osant même les effets de polyphonie et une virtuosité bienvenue. Même si les moyens vocaux sont là, la prestation du baryton-basse Andrey Akhmetov passe au second plan. Mais le clou du séjour restait à venir avec le concert de clôture. Dans la Thomaskirche, la Messe en Si dirigée par Herbert Blomstedt a été de ce genre d’événement qui marque à tout jamais une vie de mélomane. En cela, il convient juste de remercier humblement le Bachfest de Leipzig.

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