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La maison du compositeur Pierre Henry sera détruite

La maison du compositeur Pierre Henry sera détruite

Le compositeur Pierre Henry est mort en juillet dernier laissant un legs important pour les générations futures. Et pourtant, sa maison, instrument principal de ses créations électroacoustiques va disparaître à tout jamais. Une perte pour le patrimoine de la musique… 

 Pierre Henry © L. Crespi

Pierre Henry © L. Crespi

Tandis que les conservateurs affrontent parfois des montagnes pour transmettre un bout de savoir aux générations, des pans entiers de notre patrimoine musical s’envolent sous nos yeux. La maison du compositeur Pierre Henry sera détruite dans quelques mois. Le père de la musique électronique et de la célèbre « Messe pour le temps présent », disparu le 5 juillet dernier, avait fait de cet endroit son véritable instrument de musique.

Malgré les pétitions et les appels de toutes parts, les collaborateurs du compositeur simple locataire, ne peuvent plus rien. Pour avoir eu la chance de visiter ce lieu incroyable, l’on ne peut que s’attrister de voir disparaître à tout jamais les espaces de musique. Pierre Henry avait l’habitude de convier des spectateurs à s’installer dans toute la maison pour assister à ses concerts. De son studio, installé derrière la console, il envoyait des sons dans les dispositifs de chaque pièce. 

De la création sonore jusque dans la salle de bain

 © Gabriel Acoca

© Gabriel Acoca

Ce n’est pas une légende, des grands baffles trônent encore partout, dans la cuisine, le sous-sol… jusque dans la salle de bain ! La cave a accueilli son premier studio avec une cabine et une chambre sourde. Elle est aujourd’hui couverte de sculptures concrètes du maître, également artiste plastique. Pour ne pas perdre toutes traces de ce que l’on considérera dans cinquante ans comme un monument de la musique, des projets sont à l'étude comme la photo en 3D.

Il est peut-être question de reconstruire à l’identique le studio du compositeur des « Variations pour une porte et un soupir » ailleurs, au Musée de la Musique sans doute. Même si en parallèle, un important travail de conservation des bandes analogiques et des DAT (environ 15.000 en tout) de son Œuvre a déjà été entrepris, l’on ne peut que regretter la disparition de ce lieu incroyable où ont résonné les sons que des chercheurs et des conservateurs tenteront de retrouver dans quelques siècles…

Un grand merci à Isabelle Warnier et Bernadette Mangin pour leur accueil chaleureux, à Adrien Soulier pour la visite passionnante et au talentueux Gabriel Acoca, photographe et ami génial !

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