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La grande saison française du Festival de Radio France Occitanie Montpellier

La grande saison française du Festival de Radio France Occitanie Montpellier

Depuis sa victoire au foot, on ne parle plus que d’elle. La France se place encore numéro un des festivals de musique classique avec celui de Radio France Occitanie Montpellier saison 2018 qui lui rend un bel hommage. Compte-rendu…

 © Luc Jennepin

© Luc Jennepin

Il y a des manifestations que l’on ne présente plus. Le Festival de Radio France Occitanie Montpellier est un des rendez-vous estivaux les plus populaires de l’hexagone grâce notamment à l’extension idéale que permettent les retransmissions des concerts sur France Musique. La spécificité du festival établi depuis 34 ans principalement à Montpellier est sa grande liberté. Les talents prometteurs côtoient les célèbres formations et les artistes déjà confirmés pour défendre tous les répertoires. Cette saison 2018, c’est sur le thème prometteur de la « Douce France » que se sont étalés les événements sur le mois de juillet. La victoire des bleus semble avoir été programmée spécialement comme point culminant !

La vie culturelle montpelliéraine est suffisamment riche pour que la ville ne respire pas uniquement musique classique malgré les 175 concerts proposés et ouverts à tous. Les mélomanes restent bien évidemment très attachés à ce festival parce qu’il leur a offert des spectacles inoubliables. Les fidèles gardent tous en mémoire au moins une représentation comme cette version de concert du Sigurd de Reyer, le Fiesque de Lalo avec Roberto Alagna ou encore Cyrano de Bergerac d’Alfano qui devait connaître une renaissance scénique par la suite. 

Le meilleur défenseur de la France est belge !

Côté lyrique, avec Issé de Destouches, la redécouverte de Kassya, le dernier opéra composé par Delibes était annoncé comme le grand temps fort de 2018. En attendant, les festivaliers ont pu participer à un événement mondial, les 555 sonates pour clavecin de Domenico Scarlatti interprétées par trente instrumentistes lors d’une série de trente-cinq concerts.

Le vendredi 20 juillet à 18h00, dans le confort de la Salle Pasteur, la musique baroque était également à l’honneur avec un jeune artiste déjà reconnu. Le ténor belge Reinoud Van Mechelen est venu égrainer avec humour et talent, des cantates françaises de Nicolas Racot de Grandval, Nicolas Clérambault et Laurent Gervais. L’ensemble A Nocte Temporis a complété le programme avec une sage troisième pièce de clavecin en concert de Jean-Philippe Rameau. Du réjouissant concert dominé de bout en bout avec une diction impeccable, l’on retient la cantate « Rien du tout » de Granval. Dans ce génial résumé du grand baroque à la française, le ténor trouve tous les éléments pour exposer son art raffiné avec la voix qui lui permet toutes les nuances. 

Un américain à Paris et un suisse à Montpellier

 Pablo Ruiz

Pablo Ruiz

« Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années… ». La citation convient tout autant au jeune pianiste suisse Louis Schwizgebel (entendu Salle Pasteur en 2016), véritable héros de la grande soirée qui a suivi à l’Opéra Berlioz. L’Orchestre National de France sous la direction de son directeur artistique Emmanuel Krivine y a proposé une soirée 100 % Gershwin avec l’ouverture cubaine, le Concerto en Fa pour piano, la Rhapsody in blue et le bien choisi Un Américain à Paris.

La formation a privilégié l’opulence du son sans trop oser s’encanailler dans les rythmes jazz. Il faut dire que par contraste, le jeu intelligent et mesuré du pianiste a vampirisé l’attention. Dans le concerto, c’est à pas feutrés qu’il a avancé avec raffinement et un sens aigu du rythme provoquant les applaudissements à la fin du premier mouvement. C’est avec une classe de dandy qu’il a abordé la Rhapsody in blue nous invitant à un subtil et très beau voyage. Ce soir, le New York-Paris a fait une escale à Montpellier. Grâce à ce bel éclectisme, le festival poursuit sa route vers de nouvelles aventures (le lendemain, nous assistions à la redécouverte de Kassya)...

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