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Terpsichore 2017 : What’s in a Byrd ?

Terpsichore 2017 : What’s in a Byrd ?

Grâce au Festival Terpsichore, nous sommes maintenant habitués à nous promener non pas dans les bois mais dans les plus beaux lieux de la capitale parisienne. Lorsque le célèbre compositeur anglais William Byrd est à l’affiche, l’on peut se demander à quoi va ressembler le gazouillis ? Réponse…

 © Régis d’Audeville

© Régis d’Audeville

Au début de l’automne, le rendez-vous est maintenant une vraie habitude parisienne. Le Festival Terpsichore 2017 nous offre de nouveau une belle invitation au voyage. Après Venise la saison dernière, nous avons pu fouler les terres anglaises avec le concert du 28 septembre 2017, au Temple de Pentemont. En effet, le compositeur William Byrd était au cœur d’un abondant programme, complété par des œuvres de Richard Dering, Luca Marenzio, Anthony Holborne, Christopher Tye et Orlando Gibbons. 

Comme toujours l’on a pu admirer la savante articulation des pièces musicales et vocales. Skip Sempé, ardent directeur artistique du festival était à la tête de son ensemble, le Capriccio Stravagante et du chœur La Compagnia del Madrigale ; ou plutôt, devrions-nous dire « à la queue » car placé entre ses deux acolytes (Emmanuel Frankenberg et Olivier Fortin) dans le fond de l’orchestre, il a dirigé du clavecin. Le thème de la quatrième édition du festival était « Violons, Violes et Voix ». Ce concert en a été la parfaite illustration faisant la part belle aux cordes et au chœur. La Compagnia del Madrigale a été particulièrement inspirée dans le « Christe qui Lux » de toute beauté, rejoint par l’ensemble qui a apporté un éclat supplémentaire au Emendemus in melius.

Byrd, une pièce champêtre mais aussi les cris de la rue dans le temple !

La musique de Byrd n’est pas des plus familières même si le compositeur tient une place importante dans la musique renaissante anglaise. Né catholique dans un pays protestant, il a composé beaucoup de pièces sacrées où le néophyte n’a pas forcément ses repères. Pourtant, il faut savoir pénétrer dans cet univers épuré et profond, assez éloigné du théâtre mais empreint de spiritualité.

En contraste, The Cries of London de Richard Dering a apporté une touche de comédie amusante dans cette ambiance religieuse. Comme son titre l’indique, le madrigal est un patchwork des cris des divers marchands des rues de Londres. Il y est question de fromage frais, de concombre ou encore des bienfaits de l’ail !

Après l’entracte, l’extrait du Gradualia de Byrd qui a ouvert la deuxième partie du concert nous a cueillis avec surprise. Chantant de la galerie, le chœur invisible a laissé couler les notes sur le public avec un effet saisissant. L’acoustique du Temple de Pentemont régulièrement utilisé par le Festival Terpsichore est propice à cette musique. 

La toute dernière partie du concert a de nouveau joué le contraste en nous emmenant vers d’autres horizons. L’œuvre de Luca Marenzio « Vivrò dunque lontano » apparait plus naturaliste. Le madriga du compositeur italien renommé (ses pièces ont été éditées en Angleterre du temps de Byrd) résonne plus champêtre. Contemporains de Byrd, Anthony Holborne et Orlando Gibbons partagent la même sensibilité et concluent le concert avec douceur. Quelle sera la destination du prochain festival Terpsichore ? Nous prenons rendez-vous en 2018…

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