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L’Ascension de Brahms à Budapest

L’Ascension de Brahms à Budapest

Ouverte de nouveau au public, la superbe Académie Liszt à Budapest vaudrait presque à elle seule le déplacement. Quand deux sommités s’y retrouvent dans un répertoire populaire, c’est le jackpot ! Le concert a-t-il tenu toutes ses promesses ? Compte-rendu…

© Darabos Gyorgy

© Darabos Gyorgy

Avec le superbe Müpa, le complexe moderne, la ville de Budapest possède une autre salle de concert incontournable, l’Académie Franz Liszt (ou Zeneakadémia). La splendide salle art nouveau de 1907 a été entièrement rénovée il y a moins de cinq ans pour accueillir concerts symphoniques et de musique de chambre dans les meilleures conditions. Le lieu est superbe et mérite à lui seul une visite. Après un très beau concerto pour violon la veille, Brahms était une fois de plus à l’honneur le 26 mai 2017, durant ce week-end de l’Ascension.

Le programme nous a permis d’entendre la symphonie No. 1 dirigée par Péter Csaba et également l’ouverture Die schönen Melusine de Mendelssohn et le concerto pour piano de Schumann avec Péter Frankl en soliste. Sans doute moins réputé internationalement que l’Hungarian National Philharmonic Orchestra, le MAV Symphony Orchestra n’en demeure pas moins une formation de belle tenue. Fondé en 1945, l’orchestre est composé aujourd’hui d’une majorité de musiciennes. La configuration est si rare que cela en devient remarquable, hélas ! 

Un pianiste de 81 ans toujours vaillant

A Budapest, les concerts se suivent et ne se ressemblent pas. Après le tout jeune Sergey Khachatryan, c’est un pianiste de 81 ans qui a assuré la partie soliste du concerto de Schumann. Péter Frankl est une figure respectée dans le monde de la musique classique. Professeur à l’université de Yale, il a fait ses études ici même, à l'Académie Franz Liszt auprès de Zoltán Kodály notamment. Même si la sonorité du piano se perd un peu dans l’acoustique de la salle plus favorable pour l’orchestre, l’interprétation reste vaillante à défaut d’être complètement inspirée. La direction un rien martiale de Péter Csaba empêche certaines envolées lyriques surtout dans le troisième mouvement mais le chef sait être un partenaire attentif et volontaire. 

Aimez-vous Brahms ?

Lui aussi est une grande figure de la musique classique hongroise. Directeur artistique et chef principal de l’ensemble depuis 2012, il a fait une grande partie de sa carrière en Suède et en France, à Lyon (il vient d’ailleurs d’être fait Chevalier des Arts et des Lettres). La grande symphonie de Brahms est prise large avec des tempi étirés qui se resserrent dans l’allegro. L’effet n’est pas inintéressant même si l’orchestre peine à suivre car l’on dénote quelques décalages.

L’ampleur du premier mouvement est bien rendue malgré une pâte sonore compacte qui offre peu de contrastes en délivrant un message dense et enveloppant. Le chef semble avoir une vision plus beethovénienne que pré-mahlérienne avec une volonté d’unification plus que de contraste. L’orchestre parvient à se lâcher avec dosage dans le dernier mouvement permettant un déferlement et des hurlements sonores bien maîtrisés. C’est un Brahms classique qui nous est proposé et c’est très bien aussi !

Un Timbre d’argent à l’Opéra Comique transformé en or

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