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La branche Vashegyi offre du Rameau pour Dubois

La branche Vashegyi offre du Rameau pour Dubois

Jean-Philippe Rameau : Dardanus – György Vashegyi

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Sortie le 5 février 2021 sous le label Glossa

György Vashegyi @ Glossa

György Vashegyi @ Glossa

Avec Raphaël Pichon, György Vashegyi est assurément le ramiste le plus intéressant de la nouvelle génération après celle des Malgoire, Christie et Minkowski. A la tête de l’Orfeo Orchestra et du Purcell Choir, le chef hongrois est un familier de la musique française du XVIIIe siècle qui coule naturellement dans ses veines. L’orchestre possède un style remarquable tandis que le chœur se distingue par son phrasé et sa diction impeccable. Dadarnus est le quatrième enregistrement d’œuvre lyrique de Rameau qui parait chez Glossa. Le label espagnol pourrait facilement construire une intégrale qui serait bienvenue dans un paysage discographique des plus avides. Dans le livret d’accompagnement, Denis Herlin (Directeur de recherche au CNRS à l'IReMus) nous apprend tout ce qu’il faut savoir sur la troisième tragédie lyrique du compositeur de génie et nous propose même un guide d’écoute éclairé. Malgré ses précédents succès (Hippolyte et Aricie et Castor et Pollux), Dardanus est un échec à sa création en 1739, en partie à cause d’un manque de cohérence dramatique. Comme souvent dans l’histoire de la musique classique, et pour la plus grande joie des musicologues, l’opéra sera remanié deux fois en 1744. Avec un livret retravaillé et de nombreuses scènes inédites (les trois derniers actes sont entièrement nouveaux), Dardanus ne rencontrera finalement son public qu’en 1760. La plupart des CDs existants panachent les différentes versions. La présente édition réalisée sous l’égide du précieux Centre de musique baroque de Versailles (en coproduction avec le Müpa de Budapest où a eu lieu l’enregistrement en mars 2020), s’appuie sur la partition finale de mai 1744 avec l’ajout de cadeaux. Le prologue et le divertissement du cinquième acte restitués ici n’ont jamais été joués depuis plus de deux siècles et demi. Le pendant d’une version historique au plus proche de l’original est que malheureusement, les mélomanes perdent quelques notes de superbe musique comme le fameux air « Monstre affreux, monstre redoutable » que l’on aurait apprécié de retrouver en appendice.

Dubois et du Rameau en bourgeon

Cyrille Dubois - Bru Zane © le philtre

Cyrille Dubois - Bru Zane © le philtre

Péché véniel vite oublié lorsque l’on commence à entendre les voix car la distribution est remarquable. Les portes du baroque se sont ouvertes en même temps qu’une nouvelle école de chant français où la diction est primordiale (que l’on se souvienne du Castor et Pollux d’Harnoncourt). En grande habituée du répertoire, Judith van Wanroij (sans nous faire complètement oublier Véronique Gens dans la version Minkowski) campe une Iphise de belle classe. La voix de la soprano délicieusement corsée sert à merveille une tragédienne affirmée. Chantal Santon Jeffery répond elle aussi très souvent présente au rendez-vous des enregistrements de Vashegyi. Parfois inégale, la soprano illustre les miniatures et les nombreux arias avec personnalité. Le velours du timbre de Tassis Christoyannis convient à merveille au personnage d’Anténor qui, dans cette version de 1744, est cependant moins marquant que ceux incarnés par Thomas Dolié. D’une autorité naturelle, le baryton impose avec élégance son phrasé impeccable. Arcas est en revanche un personnage trop anecdotique pour permettre à Clément Debieuvre d’exister vraiment. Mais à tout seigneur tout honneur ! Cyrille Dubois est Dardanus d’une telle évidence que l’on s’étonne que le ténor ne se soit pas plus aventuré sur les branches de Rameau. Jélyotte créateur du rôle était un haute-contre à la française tout comme l’exceptionnel artiste que l’on admire sans réserve, à nouveau. Nous rêvons maintenant d’Abaris dans Les Boréades ou pourquoi pas d’une Platée où il ferait merveille, à n’en pas douter.

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