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A bord de Terpsichore III pour une croisière à Venise sur Seine

A bord de Terpsichore III pour une croisière à Venise sur Seine

Ce 10 octobre 2016, la troisième édition du festival Terpsichore nous a permis de retrouver avec plaisir Skip Sempé dans l’acoustique moelleuse de l’église Saint-Louis en l’Île. 

 © Régis d'Audeville

© Régis d'Audeville

A l’occasion du concert anniversaire des 30 ans de son ensemble le Capriccio Stravagante, le chef d’orchestre et claveciniste américain a imaginé un programme autour de Monteverdi intitulé Venezia Stravagantissima, les œuvres de Ciconia, Gabrieli, Mainerio ou Vecchi complétant la soirée. Comme il est également musicologue, Skip Sempé a choisi des morceaux moins fréquentés que les quatre saisons de Vivaldi mais pas moins passionnants. Il s’est d’ailleurs entouré des meilleurs artistes comme Thomas Dunford au luth ou Olivier Fortin au clavier (regroupés au sein du Capriccio Stravagante Renaissance Orchestra, pour être tout à fait précis) et de l’ensemble vocal Vox Luminis pour interpréter cette musique de la renaissance tardive italienne. 

Une Venise sur Seine


L’une des grandes réussites du concert a été de nous plonger dans ce répertoire aventureux et pourtant captivant de bout en bout, en jouant des contrastes et des changements de rythme. Les pièces orchestrales de Giorgio Mainerio (1535-1582) sont de belle ampleur. Les sons ont rempli incroyablement l’espace comme avec les oeuvres de Pietro Lappi (1575-1630) ou Cristofano Mavezzi (1547-1597) qui ont permis à l’orchestre d’utiliser des tournebouts (sorte de hautbois recourbé comme une canne) ou des vents aux sonorités typiquement italiennes. Il était facile dans cette église au cœur de l’île Saint-Louis de s’imaginer entouré des eaux de la sérénissime, une Venise sur seine.

D’autant plus que les madrigaux de Monteverdi ont été le fil rouge du concert où s’est tout particulièrement illustré l’ensemble Vox Luminis dirigé par Lionel Meunier. Les douze chanteurs sont intervenus tour à tour en solistes et en chœur avec le même talent. Seul un confitebor avec une soprano trop présente a moins convaincu car l’ensemble nous a réservé des moments d’une intense beauté, notamment un « O comme sei gentile » élégiaque.

En conclusion du concert, un superbe Alleluia du compositeur allemand Heinrich Schütz avec les parties vocales qui se répondent de part et d’autre aurait pu paraître incongru. C’était trop vite oublier que Schütz a été l’élève de Monteverdi dont la filiation n’est apparue que plus évidente.
Une fois de plus, Skip Sempé nous a offert un concert exigeant en apparence qui nous a complètement transporté. Aventure et excellence semblent être la signature du désormais incontournable Festival Terpsichore. Vivement 2017 !

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