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Le Salzburger Festspiele : édition 2015 !

Le Salzburger Festspiele : édition 2015 !

La concurrence est sérieuse mais le Salzburger Festspiele reste de toute évidence, le plus grand festival de musique classique au monde. Il suffit de parcourir la longue et impressionnante liste de presque 300 artistes invités pour s’en convaincre, et parmi eux : Ildar Abdrazakov, Maria Agresta, Pierre-Laurent Aimard, Daniel Barenboim, Cecilia Bartoli, Piotr Beczala, Khatia Buniatishvili, Renaud Capuçon, Plácido Domingo, Iván Fischer, Juan Diego Flórez, Elina Garanca, Christian Gerhaher, Matthias Goerne, Bernard Haitink, Nikolaus Harnoncourt, Jonas Kaufmann, Yo-Yo Ma, Zubin Mehta, Marc Minkowski, Riccardo Muti, Anne-Sophie Mutter, Andris Nelsons, Anna Netrebko, Maurizio Pollini, Max Raabe, Simon Rattle, Jordi Savall, Grigory Sokolov, Krassimira Stoyanova, Christian Tetzlaff, Ludovic Tézier, Rolando Villazón, Arcadi Volodos, Franz Welser-Möst, Frank Peter Zimmermann… Pas un ne manque !

 © Salzburger Festspiele / Forster

© Salzburger Festspiele / Forster

La programmation 2015 a été organisée autour des thèmes du Maître et de l’esclave, des puissants et des faibles, oppression et protestation comme les illustrent les trois nouvelles productions : Fidelio, Le nozze di Figaro et Die Eroberung von Mexico de Wolgang Rihm. Ce dernier remplace la création mondiale de l’opéra de György Kurtág, reportée à 2016. L’enjeu est de taille pour Sven-Eric Bechtolf car non seulement, il supporte la direction artistique du Festival mais surtout, il met en scène le nouveau Figaro. Et lorsque l’on connaît l’attachement de Salzburg au chef-d’œuvre de Mozart, l ‘annonce du spectacle prend tout de suite l’ampleur d’un événement à la portée internationale.

La distribution de Fidelio devrait également faire vibrer au-delà des frontières autrichiennes puisqu’elle réunit Adrianne Pieczonka et Jonas Kaufmann. Du côté des superstars et des grands succès, le Festival a eu la très bonne idée de reprendre des spectacles joués à guichet fermé l’année dernière comme Il trovatore avec Anna Netrebko et Plácido Domingo, Der Rosenkavalier dirigé par Franz Welser-Möst ou la Norma de Cecilia Bartoli. Entourée de Christopher Maltman et de Rolando Villazón, la divine directrice artistique du Festival de Pentecôte amène dans ses bagages sa nouvelle production d’Iphigénie en Tauride de Gluck, mise en scène par le duo Moshe Leiser et Patrice Caurier et créée quelques mois plus tôt. 

Salzburg gâte ses spectateurs également avec des opéras en version de concert comme Dido and Aeneas conçu par Thomas Hengelbrock ou ce Werther très attendu avec Piotr Beczala et Elina Garanca. On connaît les affinités de Riccardo Muti avec le répertoire italien mais nul autre que lui ne peut porter Verdi avec un chef-d’œuvre comme Ernani. A signaler également, le fameux Die Dreigroschenoper, l’Opéra de quat’sous de Kurt Weill et Bertolt Brecht est à l’affiche, dirigé par HK Gruber, le grand spécialiste et chanté par l’inclassable et inénarrable Max Raabe.

Des opéras mais aussi des concerts

Côté concerts, on ne sait où donner de la tête. Comme chaque saison, le Wiener Philharmoniker et le Berliner Philharmoniker se croisent bientôt rejoints par le Israel Philharmonic Orchestra ou le Boston Symphony Orchestra pour sa première venue avec Andris Nelsons, son nouveau talentueux directeur. Une belle place est accordée aux ensembles de jeunes musiciens comme les fameux West-Eastern-Divan Orchestra, Gustav Mahler Jugendorchester et Orchestra Giovanile Luigi Cherubini dirigés par les grands noms de la musique, Daniel Barenboim, Herbert Blomstedt ou Riccardo Muti. Mais les baguettes de légende (Haitink, Harnoncourt, Mehta, Rattle) ne sont pas les seules à faire les beaux soirs de Salzburg qui sait compter avec Iván Fischer, Marc Minkowski ou Yannick Nézet-Séguin, entres autres grandes personnalités de la musique classique. 

D’ailleurs, toutes les musiques classiques sont présentes comme avec cette série de concerts articulés autour de l’œuvre contemporaine de Pierre Boulez, un hommage au grand compositeur français ou encore, avec les œuvres baroques : Palestrina par Diego Fasolis, Bach avec la Messe en Si par Václav Luks ou Das musikalisches Opfer par Jordi Savall et Le Concert des Nations…
La musique de chambre et les récitals sont, eux aussi, d’un niveau exceptionnel. András Schiff propose un cycle autour des dernières sonates pour piano de Haydn, Mozart, Beethoven et Schubert. Yo-Yo Ma s’adonne aux suites de Bach et Mitsuko Uchida, aux variations Diabelli. Les parfaits Liedersänger Matthias Goerne, Christian Gerhaher ou Christiane Karg partagent la série des récitals de chants avec les grandes voix qui se prêtent à l’exercice, Maria Agresta, Juan Diego Flórez, Elina Garanca ou Angela Denoke dans un programme construit autour de Kurt Weill.

Avec une programmation toujours aussi exceptionnelle, on peut dire que du 18 juillet au 30 août 2015, chaque représentation est une pépite qui brille et illumine le ciel de Salzburg.